LE COMITE FRANÇAIS DU CINEMA POUR LA JEUNESSE (C.F.C.J)

Cet article est écrit par Gilles DAUTRICOURT consultable sur Mémoire Blog AlloCiné.

Crée par mon Père, Charles DAUTRICOURT en Février 1947, ce dernier disait, «  pourquoi refuser aux jeunes la possession de cinémas et de films selon leurs goût alors qu'on leur consacre en propre des pièces de théâtre, des jeux et toute une littérature ? ».

Il faut rappeler qu'à cette époque,  pas de télévision et encore moins de jeux vidéos.

Le cinéma est né d'un coup, suite à l'invention des Frères Lumière en 1895, comme un phénomène spontané. Enivrés par leurs incessantes conquêtes et par l'adhésion d'un public toujours plus nombreux, ses animateurs ont omis de suivre ses répercussions sur le comportement des hommes et la vie des sociétés. Ainsi ont-ils ignoré certains de ses ravages.

Le moment était donc venu de réparer cet oubli et de procéder à une enquête. Ne le voudrait-on pas, que le chiffre très élevé des condamnations pour « faits de cinéma »  devant les tribunaux d'enfants en ferait une nécessité. En poursuivant la recherche, on verra que si l'enfant est victime du cinéma, la faute en revient d'une part aux films qui, n'étant pas faits pour lui, altèrent sa vision du monde, de l'autre, aux images dont le pouvoir moteur le poussent à imiter les actions répréhensibles dont il vient d'être le témoin. (Ce qui était vrai en 1947, l'est encore aujourd'hui !!!)

C'est pour réduire le mal, lui substituer des éléments d'activité normale et joyeuse, que le COMITE FRANÇAIS DU CINEMA POUR LA JEUNESSE s'est constitué.

 

 LES BUTS DU COMITE ETAIT :

1)      Sur le plan théorique :

De délimiter les différents domaines de Cinéma par catégories d'âges et de mentalités, et de monter qu'à chaque étape de la croissance humaine correspondent des thèmes ainsi que des formes d'art et de présentation appropriés.

2)      Sur le plan pratique :

A) De grouper en un vaste mouvement national tous ceux que le problème de la jeunesse et du cinéma préoccupe ou intéresse.

B) De créer pour la jeunesse française un cinéma à sa dimension en concourant à la création d'un « Secteur cinématographique spécialisé » pour les jeunes et en suscitant la « production » de films adaptés à leur psychologie et à leurs goûts.

3) Sur le plan de l'action :

A) De réunir en son sein toutes les organisations et les personnalités susceptibles de s'intéresser à cette initiative, en particulier, les éducateurs, les écrivains, les artistes, les cinéastes.

B) D'assurer la plus large diffusion aux films destinés aux jeunes, par l'établissement de salles et de séances spécialisées, de circuits nationaux, de films de 16 mm pour les séances rurales.

C) Enfin, de faciliter les échanges internationaux de ces films pour la jeunesse grâce à un contact étroit et permanent avec les organismes similaires de l'étranger.

Qu'on ne croie pas que de tels films manqueront d'attrait et n'atteindront qu'un public restreint, risquant ainsi de ne pas amortir leurs frais.

Au contraire. Le public des adultes, toujours séduit par la fraîcheur et la fantaisie, ainsi qu'en témoigne le succès d'Alice au Pays des Merveilles, d'Emile et les Détectives, de Pinocchio, leur sera assuré. Quant à celui des enfants, il se développera sans cesse à travers le monde. En effet, l'enfant est non seulement un « client toujours prêt et passionné » qui, par voie de persuasion devient le meilleur agent de publicité, mais (si l'on peut dire) « un client éternel », les générations se succédant sans relâche, porteuse des mêmes curiosités et des mêmes enthousiasmes.

Quand aux thèmes, ils seront à l'infini. Car si l'aventure est son plus cher domaine, l'enfant aspire aussi à parcourir la multitude des terres inconnues qui, un jour, composeront sa conception du monde.

La technique elle-même tirera profit de la destination de tant de films expressifs à un jeune public. Elle devra s'adapter, pour y gagner en souplesse, à cette forme particulière de la mentalité juvénile qui, mélangeant ou juxtaposant l'imaginaire au réel, utilise le rêve, l'imprévu et la fantaisie pour la conquête du vrai.

Tel était le but du Comité. Il vivra sur ces bases pendant plus de 40 ans en donnant au fur et à mesure de la production cinématographique de grandes joies et une envie sans cesse renouvelée aux jeunes d'aller au cinéma.

Charles DAUTRICOURT voua sa vie à cette entreprise et il donna au cinéma pour les jeunes, ses lettres de noblesses, la preuve en est aujourd'hui par l'immense production réalisée.

Bien sur, la fondation de ce Comité, demanda une structure solide en des personnes engagées pour qu'il vive aussi longtemps.

 

COMITE D'ORGANISATION

 

M. le Docteur Henri Wallon       

Professeur au Collège de France, Président du Comité Français de Cinéma pour la Jeunesse.

M.LEBRUN      

Directeur du Musée Pédagogique, Vice-président du Comité Français du Cinéma pour la Jeunesse.

MME LAHY-HOLLEBECQUE    

Vice-présidente du Comité Français du Cinéma pour la Jeunesse.

M. Charles DAUTRICOURT       

Secrétaire Général du Comité Français du Cinéma pour la Jeunesse.

M. Raoul DUBOIS        

Secrétaire du Comité Français du Cinéma pour la Jeunesse.

 

COMITE D'HONNEUR

 

M. FOURRE-CORMERAY  

Directeur du Centre National de la Cinématographie Française, Président d'Honneur du Comité Français du Cinéma pour la Jeunesse

M. le Docteur PICAUD  

Maire de Cannes

M. FAVRE LE BRET    

Secrétaire Général du Festival de Cannes

M. René CLAIR

Réalisateur de films

M. Jean GREMILLON   

Président du Syndicat des Techniciens

M. Henri JEANSON      

Président du Syndicat des Scénaristes

M. Gaston MODOT      

Acteur

M. Pierre RENOIR        

Président de la Fédération Nationale du Spectacle.

 

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