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NICE-MATIN - Samedi 12 avril 1997 CANNES Paroles de festivaliers.... Ils ont chacun à leur façon, raconté un peu de ce Festival qui fut jadis (aussi) le leur. De tout jeunes cinéastes les ont interviewés et filmés dans le décor de leurs activités d'aujourd'hui. L'École supérieure de réalisation audiovisuelle (ESRA) vient d'engager ses forces vives dans une opération qui représente pour elle un véritable enjeu. Ces futurs professionnels du cinéma ont entrepris, en effet, de réaliser une sorte d'exposition vivante qui, avec le concours de l'Agence azuréenne de formation et de développement de Cannes (AAFD) et du département cinéma des Affaires culturelles de la ville, a pour finalité de présenter lors du prochain FIF, et par conséquent du Cinquantenaire, un ensemble de documents filmés qui seront un peu comme la mémoire collective des Cannois par rapport à ce qui fut jadis « leur » festival. Longue mémoire de courts métrages Ces documents filmés animeront notamment le Forum devant se dérouler au niveau inférieur du Palais mais seront présentés également dans plusieurs salles de projection cannoises : Mérimé, Raimu et Picaud, et peut-être un peu partout dans Cannes après réunion d'un jury le 29 avril courant pour décider de cette diffusion dont la finalité sera d'attirer le plus de gens possible dans cette partie « sensorielle » du Palais. Pour la réalisation de ces 5 courts métrages de 2 minutes chacun, Christine Pinatel, une des responsables de l'AAFD nous a expliqué, « qu'il s'agissait d'un choix de témoins représentatifs de différents aspects de la vie passée et actuelle (commerçants, artistes, etc.), interviewés dans leur contexte actuel, celui de leur profession ou de leur activité, de façon à valori¬ser un autre décor cannois que celui du palais. » Les naufragés de l'île aux Moines Si pour certains, Sylvie Moretti n'est plus une inconnue, d'autres spectateurs découvriront qu'elle s'est fait, depuis l'âge de 11 ans, une spécialité de la douce violation des lieux interdits du FIF (cocktails et soirées très privés, voitures officielles, etc.). Ainsi, au fil des années, est-elle parvenue à conserver... son propre anonymat ! Également filmée Monique Gridaine, fille de l'architecte de l'ancien Palais des festivals qui acheta par la suite à Vaugrenier un domaine qui allait devenir le très fameux « Manoir de l'Étang ». Celui-là même que Jean Cocteau aurait bien voulu transformer en Cité du Cinéma, une Cinecita plus ou moins cannoise en quelque sorte. Ou encore Nelly Paolino, filmée au Noga Hilton, seule journaliste (en 1947) à avoir fait partie de la fournée de « l'île aux moines », lorsque surpris par la tempête, les invités du 2° FIF durent dormir au monastère de Saint-Honorat... Plus proche de notre temps, Lucette Bellini surprendra ses admirateurs en leur laissant découvrir qu'elle n'est pas « seulement » la fille du célèbre sculpteur Emmanuel. Elle fut l'une des premières hôtesses du FIF, prêta sa « main innocente » au tirage au sort de plusieurs sélections officielles et disputa enfin des parties de tennis contre des stars de l'époque, de renommées néanmoins mondiales, chose qu'on aurait du mal à imaginer aujourd'hui, preuve qu'une telle convivialité a bien disparu... Enfin rue Meynadier - et c'est là qu'opérait une dynamique équipe de l'ESRA conduite par Alexandre Chapot , l'incontournable Paul Ernest. Avant de devenir le grand traiteur que l'on sait, il fut l'un des fondateurs du club des Cinéastes amateurs de Cannes qui, lui aussi, fêtera bientôt son cinquantenaire. Le succès de cet « appel à témoins » semble désormais assuré. Avec un peu de chance, sa diffusion dépassera largement le cadre habituellement réservé à ces clins d'œil confidentiels. J. B. Cadreurs, preneurs de son, toute la « meute » était présente rue Meynadier autour de Paul Ernest, Christine Pinatel et Alexandre Chapot ( Photo Traverso )
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