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NICE-MATIN - Jeudi 27 avril 2000 Cannes Archives du cinéma : le trésor endormi Depuis 1993, les dix mille documents de la "Donation De Maria" se trouvent dans des cartons, à la médiathèque - dont la rénovation est nécessaire pour les entreposer Amis des bibliothèques : le dépit Par l'intermédiaire de sa présidente, Catherine Grenon-Sorger, l'association des Amis des bibliothèques de Cannes a écrit au maire Maurice Delauney, après avoir « constaté avec surprise et regrets que la médiathèque de Cannes est totalement absente des projets de travaux du budget primitif 2 000. « A notre grande consternation, la villa Rotschild, inscrite aux Monuments historiques et qui abrite le service public de lecture mis à la disposition des Cannois, ne bénéficie d'aucun projet de réhabilitation ni de travaux, qui permettraient notamment d'ouvrir le deuxième étage pour rendre accessible le fonds Thévenet/De Maria contenant des documents du plus haut intérêt pour la recherche cinématographique et qui, même en dehors de la période du FIF, permettrait à Cannes de s'enorgueillir du titre de "capitale mondiale du cinéma » Les membres de l'association des Amis des bibliothèques de Cannes constatent avec tristesse un certain déséquilibre, au détriment du patrimoine historique cher au cœur des administrés cannois, et en faveur d'événements éphémères essentiellement destinés à des touristes ou à des congressistes de passage. Ne vous êtes-vous pas d'ailleurs joints à ces regrets lors de la présentation de vos vœux à l'Espace Riviera, à l'aube du XXI siècle ? Notre démarche est appuyée par la totalité de notre conseil d'administration, ainsi que par de nombreux usagers qui m'ont fait part de leur émotion à la suite de l'article paru dans Nice-Matin du 29 mars, au sujet du mauvais état du deuxième étage du bâtiment. Sans que nous ne nous soyons concertés avec la Société scientifique et littéraire, cet article confirme bien, s'il en était besoin, l'urgence des travaux mentionnés ci-dessus », écrit M. Grenon-Sorger. Et toujours pas de musée... Quand parlera-t-on enfin au présent d'un musée du cinéma? L'idée sans doute presque aussi vieille que le festival du film, ressurgit à intervalles réguliers et bute éternellement sur le même problème, celle de sa localisation. Ardent défenseur du projet, Paul Simonet, l'adjoint à la culture continue à réfléchir à la conception de ce musée qu'il souhaiterait éclectique et ouvert à la création. Mais en tout état de cause, ce sera au prochain maire de boucler le dossier... Le trésor qui sommeille à la médiathèque n'a pas toujours laissé indifférent : dans le but de constituer un fonds sur le cinéma, les dirigeants de la Bibliothèque nationale de France, alors que cette dernière n'avait pas encore ouvert ses portes, étaient intéressés par ce stock d'archives cinématographiques. Dans les locaux de l'avenue de Noailles, on a conservé la preuve : une lettre d'un des conservateurs parisiens en charge de l'audiovisuel, qui avait envoyé une réponse élogieuse au sujet du contenu des documents que lui proposait René Thévenet. 600 000 francs qui dorment... Ancien producteur et adjoint à la culture cannois, aujourd'hui décédé, M. Thévenet avait aussi proposé de céder les dits documents à la ville de Cannes, moyennant une somme de 600 000 francs. En 1992, les édiles refusèrent, jugeant cette somme par trop dispendieuse. Mais en 1993, Germaine Ford de Maria, mécène bien connue à Cannes (décédée l'automne dernier), se porta acquéreur du stock, dans le but de le céder à la ville. Et ce non pas à titre gracieux, mais pour 200 000 francs. Non que Mme De Maria eût un impérieux besoin de cet argent, mais elle voyait dans le fait de le débourser une manière pour les autorités municipales de s'engager. De mettre en valeur la collection. Sept ans plus tard, ce patrimoine estimé à 600 000 francs dort dans des dizaines de cartons. Livres, dossiers de presse, affiches, thèses universitaires - des documents parfois inédits - devaient être Installés au premier niveau de la villa Rotschild, soit à l'emplacement des actuels bureaux administratifs de la médiathèque, lesquels devaient être déplacés d'un étage, au deuxième. Un problème de locaux Le problème (lire notre édition du 29 mars dernier), c'est que des questions de sécurité empêchent ce déplacement. En mars dernier, le passage de la commission de sécurité a débouché sur l'émission de réserves, une interdiction d'utilisation du troisième étage (jusqu'à exécution de travaux), l'obligation de renforcement des planchers et de réfection des installations électriques au deuxième. Aucune enveloppe budgétaire n'est actuellement consacrée à ces travaux. Le projet d'une ciné-médiathèque, installée de façon cohérente dans le prolongement de la vidéothèque (5 000 films), n'est donc pas plus d'actualité aujourd'hui qu'il y a sept ans. Cannes est toujours la ville du Festival, mais toujours pas une ville de cinéma... J. PHILIPPE. Des dizaines de cartons en souffrance, depuis des années... et la médiathèque n'est pas près d 'abriter un musée du cinema. (Photos Serge Haouzi)
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