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NICE-MATIN - Mardi 31 octobre 2000 Cannes Lycée Bristol : les critiques cinématographiques du lycée Dans le prolongement de l'expérience menée lors du dernier Festival international du film, dans le cadre de la Semaine de la Critique, Cannes-Matin va publier, une fois par mois, des critiques de films écrites par des élèves du lycée Bristol. Ces travaux scolaires sont à lire avec indulgence, évidemment, mais peuvent constituer une aide avant d'effectuer le choix du film à voir. Ces « exercices pédagogiques », comme les définit leur professeur Gérard Camy, sont le fait d'élèves en classe littéraire spécialisée, qui passeront un baccalauréat avec option cinéma-audiovisuel. Ils visionnent entre un et trois films par semaine - toutes époques cinématographiques confondues -, avec un effort de réflexion et d'analyse dont leurs enseignants s'efforcent de leur inculquer le goût. Ce mois-ci, voici la critique de Shirley Laine à propos du film récompensé de la Palme d'or au dernier Fif, Dancer in the dark (réalisation et scénario : Lars Von Trier. Interprètes principaux : Bjôrk, Catherine Deneuve, David Morse, Jean-Marc Barr, Peter Stomare, Joël Grey, Vincent Paterson) : Une femme hors du commun La lumière baisse. Reste l'écran, encore noir. Pourtant le film a déjà commencé. Une musique plane et vous captive. Tout est là : le thème, le ton, le rythme. La joie comme la tristesse, omniprésentes, se mêlent et vous emportent. Cette musique composée par Bjôrk elle-même, montre à quel point l'actrice fait corps avec son personnage, et comme la musicienne a su intégrer ses mélodies à l'histoire. Le tout en parfaite harmonie. Au cœur de l'Amérique profonde Selma, une émigrée tchèque élève seule son fils Gene. Pour subvenir à leurs besoins, elle travaille dans une usine. Mais Selma ne devrait pas occuper ce poste. La pauvre devient chaque jour un peu plus aveugle et son fils connaîtra le sort, à moins qu'il ne subisse une opération très coûteuse. Pour cela elle économise jusqu'à atteindre la somme nécessaire. Tout bascule lorsque son voisin et propriétaire l'accuse de lui avoir volé de l'argent qui n'était autre que ses économies. Sa vie tourne au drame. Des personnages authentiques, un scénario très bien construit, dans lequel les passages musicaux s'installent naturellement. Selma vit à travers la musique comme la musique vit à travers Selma. Elle chante pour oublier. Bjôrk est si fraîche, naturelle, attendrissante, naïve et bouleversante à la fois. Une belle performance pour un premier rôle. Les chorégraphies aux danseurs innombrables donnent au film un côté "West Side Story" non-négligeable. A voir absolument ». Bjôrk et Lars Von Trier lors de la montée des marches, en mai dernier.
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