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NICE-MATIN - Lundi 11 décembre 2000 Infos régionales Futurs cinéastes en résidence au « Festival de Cannes » C'est ainsi que les réalisateurs de demain ont la possibilité de préparer leur premier long-métrage à la cité Malesherbes à Paris, dans une résidence appartenant au «Festival» Caran, Marcell, Hanna, Peter, Rachel et Emily sont les jeunes talents que couve le festival de Cannes dans sa Résidence de la cité Malesherbes à Paris, une pépinière d'où sortira peut-être un jour la future Palme d'or. Les pensionnaires de cette Villa Médicis du 7e Art sont américains, hongrois, finlandais, anglais et viennent passer quatre mois et demi à Paris pour préparer leur premier long- métrage. « C'est le plus jeune enfant du festival, dont je suis le tuteur », a déclaré récemment Pierre Viot, qui a cédé en juin dernier sa place de président du festival de Cannes à Gilles Jacob mais reste dans le bain en présidant la Cinéfondation. Les six premiers résidents de cet immeuble cossu du IXe arrondissement, où ils vivent en collectivité dans des meubles design, ont été sélectionnés par un jury présidé par Olivier Assayas, le réalisateur des « Destinées sentimentales », parmi une cinquantaine de cinéastes en herbe de 24 pays. Pour la deuxième session, qui débutera en mars 2001,65 dossiers de 29 pays sont arrivés. La Résidence est le prolongement de la Cinéfondation, créée par Gilles Jacob en 1998, une sélection qui présente à Cannes des films d'écoles à un jury présidé tour à tour par Jean-Pierre Jeunet, Thomas Vinterberg et Luc Dardenne. Cette année, 13 ont été retenus sur 850 films visionnés. Peter Sollett, un Américain de 24 ans, a obtenu le premier prix de la Cinéfondation 2000. « Une terre d'accueil » Aujourd'hui, il est cité Malesherbes, pas très loin de là où vécut Jean Renoir, pour préparer un long métrage sur New-York. « C'est le contexte parfait, dit-il. Quelquefois, il vaut mieux s'éloigner pour avoir de meilleures perspectives ». Rachel Tillotson, Anglaise déjà primée à Brest et à Clermont-Ferrand pour ses courts métrages, travaille sur un film intitulé « Fascinations from the crowd ». « C'est la première fois, dit-elle avec franchise, que je n'ai pas à me soucier de factures, que je peux surfer sur Internet, sans penser au coût, que je peux écrire sans me préoccuper de contingences matérielles ». Sa compatriote Emily Young, premier prix, Cinéfondation 1999, travaille sur deux projets et fait partie du jury du festival des Trois Continents à Nantes. Egalement absent, le Hongrois Marcell Ivanyi a un rendez-vous avec un producteur. Car ce séjour parisien est destiné à mettre les cinéastes de demain « sur les rails, pour leur faire gagner un temps précieux », précise Gilles Jacob. On leur fait un « programme sur mesure » en fonction de leurs demandes. « Emily voulait trouver un couvent de carmélites, Caran assister à des répétitions de danse, Rachel rencontrer des astrophysiciens... » Le budget de la résidence est de 3 MF (0,46 million EUR), quatre avec la Cinéfondation, couvert à 90 % par des partenaires privés. Gilles Jacob en attend « un retour sur investissements ». Avec cette innovation, qui « n'a pas d'équivalent en Europe », il espère créer ainsi un réseau, « aller chercher les talents en amont », faire de la France « une terre d'accueil », soulignant qu'avant guerre elle n'a pas su retenir des cinéastes comme Fritz Lang.
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